Afrique de l’Ouest : la CEDEAO alerte sur une explosion du terrorisme avec plus de 1 900 morts en 2025

Publié le Par Aristide Nouah - Mis à jour :

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a tiré la sonnette d’alarme, ce mardi 18 novembre 2025, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Présentant les dernières données régionales, le président de sa Commission, Dr Omar Alieu Touray, a révélé une recrudescence sans précédent des attaques terroristes au cours de l’année, avec plus de 1 900 morts recensés depuis janvier.

Devant les membres du Conseil de sécurité réunis pour examiner les pistes de renforcement de la coopération continentale contre le terrorisme, Dr Touray a dressé un tableau particulièrement sombre de la situation sécuritaire. Selon les données du mécanisme d’alerte précoce, la région a déjà enregistré 450 attaques terroristes en 2025, touchant désormais des zones jusqu’ici relativement épargnées.

Une menace qui s’étend au-delà du Sahel

Le président de la Commission a souligné que la menace ne se limite plus au Sahel ou au bassin du lac Tchad. Les groupes armés étendent désormais leur rayon d’action à l’ensemble de l’espace ouest-africain, fragilisant plusieurs États côtiers. Dr Touray a averti que ces organisations extrémistes mènent aujourd’hui une guerre économique, en ciblant les approvisionnements en carburant, en bloquant des corridors commerciaux et en paralysant des zones frontalières vitales.

Il a ajouté que l’objectif des groupes terroristes est désormais clair : affaiblir les économies nationales, asphyxier les populations rurales et rendre les zones périphériques ingouvernables afin d’y étendre leur influence.

La CEDEAO renforce sa force en attente

Pour répondre à cette montée en puissance, la CEDEAO a annoncé l’accélération du déploiement de sa force en attente, initialement composée de 1 650 soldats et qui doit atteindre 5 000 hommes avec le soutien des États membres et de partenaires internationaux. L’organisation espère ainsi renforcer la présence militaire dans les zones vulnérables et améliorer la coordination régionale.

Toutefois, cette initiative reste fragilisée par le retrait, en janvier 2025, du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Confrontés à des violences répétées, ces trois pays sahéliens avaient claqué la porte de l’organisation, l’accusant d’être influencée par des puissances extérieures, notamment la France.

Les États côtiers sous pression

Malgré ces départs, la menace terroriste ne faiblit pas et gagne désormais du terrain dans plusieurs pays du Golfe de Guinée. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Togo, en particulier, subissent une pression croissante, marquée par des incursions répétées et de nouveaux foyers d’insécurité le long de leurs frontières nord.

Pour la CEDEAO, l’heure est à la mobilisation urgente. Sans un renforcement massif des moyens militaires, financiers et sécuritaires, la région court le risque de voir le terrorisme s’enraciner durablement au-delà du Sahel, menaçant la stabilité politique et économique de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

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